La veille d’un examen, les pages défilent. Une définition après l’autre, un chapitre après l’autre. À force de relire, les phrases deviennent familières. On reconnaît les concepts, on se souvient de certains mots, et cette familiarité donne souvent l’impression que le cours est maîtrisé.
Puis le livre se ferme.
Il faut alors expliquer une notion sans regarder ses notes. Et c’est là que l’on découvre parfois une chose surprenante : on avait mémorisé le cours, mais on ne l’avait pas vraiment compris.
C’est précisément sur cette différence que repose la méthode Feynman.
Associée au physicien Richard Feynman, cette méthode part d’un principe simple : pour savoir si une notion est réellement comprise, il faut être capable de l’expliquer simplement.
Pas de récitation. Pas de phrases apprises mot pour mot. Une véritable explication, avec ses propres mots.
Comment fonctionne la méthode ?
Tout commence par une notion que l’on souhaite apprendre. On l’étudie une première fois, puis on ferme le cours.
Vient ensuite l’étape essentielle : expliquer la notion comme si l’on s’adressait à quelqu’un qui ne connaît absolument rien au sujet.
C’est à ce moment que les véritables difficultés apparaissent.
On peut se rendre compte qu’une définition apprise par cœur ne nous permet pas d’expliquer le concept. On peut hésiter sur une étape, mélanger deux idées ou utiliser un terme sans savoir exactement ce qu’il signifie.
Au lieu de passer à la suite, la méthode invite à prendre ce blocage comme un signal.
On retourne au cours pour comprendre précisément ce qui manque, puis on essaie à nouveau de l’expliquer sans support.
Le processus se répète jusqu’à obtenir une explication que l’on peut comprendre, reformuler et transmettre naturellement.
Prenons l’exemple de l’inflation.
Apprendre par cœur qu’elle correspond à « une augmentation générale et durable du niveau des prix » permet de retenir une définition. Mais être capable d’expliquer que lorsque les prix augmentent, une même somme d’argent permet d’acheter moins de biens et de services montre que l’on commence à comprendre le mécanisme.
C’est toute la différence entre réciter une information et savoir ce qu’elle signifie.
La méthode Feynman ne demande donc pas forcément de passer plus de temps devant ses cours. Elle propose surtout de changer ce que l’on fait pendant ce temps.
Lire pour comprendre. Fermer pour se tester. Expliquer pour vérifier. Revenir sur ses lacunes. Puis recommencer.
L’Astuce YOOL
La prochaine fois que tu termines un chapitre, ne te demande pas seulement si tu l’as bien relu.
Ferme ton cours et pose-toi une question :
« Est-ce que je pourrais l’expliquer simplement à quelqu’un d’autre ? »
Si oui, tu es probablement sur la bonne voie.
Si non, tu viens de trouver exactement ce qu’il te reste à apprendre.
